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Abydos
Le séjour d'Osiris
Sous le sable...
Petit village à la limite entre le désert et la vallée inondable du Nil, Arabat « l'enterré », ne présentait à la fin du XIXe siècle que quelques pans de murs émergeant du sable. Lorsqu’Emile-Clément Amélineau, en 1895, puis sir Flinders Petrie, en 1900, fouillèrent le site, ils purent l'identifier avec Abydos, le site sacré proche de Thinis, la plus ancienne capitale connue de Haute-Egypte. Ils découvrirent plusieurs fosses funéraires et des stèles portant les noms de pharaons des premières dynasties dont on connaissait aussi les mastabas à Saqqarah. Se posa alors la question de savoir où se trouvaient effectivement les sépultures royales : à Abydos ou à Saqqarah ? Les travaux ultérieurs des égyptologues nous ont fourni la réponse.

Khenti-amentiu
Dès l'époque prédynastique, il y a plus de cinq mille ans, Abydos était le centre du culte donné à la divinité locale Khenti-amentiu, « le chef des Occidentaux », représenté avec une tête de chacal. On sait que l'Occident était, pour les Egyptiens, le séjour des morts et que toutes les nécropoles se situaient sur la rive gauche du Nil. Khenti-amentiu était donc une divinité présidant à la destinée des défunts. Mais, à cette époque ancienne, seul Pharaon était censé pouvoir accéder à une forme de vie éternelle. Il semblerait que, rapidement, dès l'unification des deux Egypte par le mythique pharaon Menès, Abydos soit devenue une importante capitale, supplantant la ville de Thinis, celle qui donna son nom aux deux premières dynasties thinites. Les rois de cette époque firent certainement établir leur sépulture à Abydos.

Osiris

Le centre de gravité de l'Egypte s'était déplacé dans le Nord du pays, dans la région de Memphis, et, en quelques générations, ce fut cette divinité originaire des régions du delta, Osiris, qui devint le dieu des morts, mais on n'oublia pas pour autant la tradition d'Abydos, et la légende raconte que, lorsqu'Isis rassembla les restes épars de son défunt époux, elle enterra sa tête à Abydos. Au cours du temps, surtout après la « première période intermédiaire » qui fut marquée par des bouleversements sociaux importants, la promesse de la vie après la mort dans le monde d'Osiris, fut étendue à toutes les catégories sociales, mais chacun, pharaon ou paysan, était déchiré entre le désir de voir sa momie reposer dans sa terre natale et celui d'être enseveli près d'Osiris à Abydos.

Une « fausse nécropole »
Pour résoudre ce dilemme, nombre d'Egyptiens firent dresser à Abydos une stèle ou un cénotaphe à proximité du temple d'Osiris, pour lui recommander leur âme. A côté d'innombrables humbles pierres dressées, les égyptologues ont remis à jour les vestiges de l’Osireion et du temple-cénotaphe de Ramsès II, mais ce qui fait aujourd'hui l'attrait du site d'Abydos est le merveilleux temple édifié par Sethi Ier, qui marque certainement l'un des apogées de la sculpture égyptienne.

Le temple de Sethi Ier
Achevé par son fils Ramsès II, le temple de Sethi Ier présente une forme en L, unique en Egypte, et n'abrite pas moins de sept chapelles – consacrées à Séti Ier, à Ptah, à Rê-Horakhty, à Amon-Rê, à Osiris, à Isis et à Horus – précédées de deux vastes sales hypostyles. Malgré les dégradations que le temps et les hommes lui firent subir, il reste un véritable livre d'images. Lorsque Strabon visita le site, abandonné au début de notre ère, il vit encore un « palais admirablement bâti » et nous décrit la scène de la bataille de Qadesh, qui ornait le pylône d'entrée, aujourd'hui disparu, mais préservé par l'enfouissement sous les sables. Nous pouvons encore voir aujourd'hui, dans l'un des longs corridors, de magnifiques bas-reliefs contant les légendes du cycle osirien, d'une finesse remarquable et qui ont gardé tout l'éclat de leur polychromie. Une scène pleine de vie montre Ramsès II capturant un bœuf au lasso. Particulièrement passionnante est aussi cette scène représentant Sethi et Ramsès faisant des offrandes aux cartouches des 76 pharaons les ayant précédés depuis Menès. Cette « liste d'Abydos », bien qu'incomplète, fut une source de connaissance chronologique capitale dans les premiers temps de l'égyptologie. Ce fut aussi dans le temple d'Abydos que fut retrouvée la célèbre statuette, aujourd'hui conservée au musée du Caire, qui serait la seule représentation connue du pharaon Khéops, le bâtisseur de la plus grande des pyramides...
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