Une oasis de fraîcheur
Après qu'il se fut emparé du cœur de l'Empire inca et qu'il eut fait exécuter Atahualpa, Pizzare envoya à travers le pays plusieurs expéditions de ses conquistadores pour créer de nouveaux points d'appuis dans les domaines nouvellement assujettis, afin d'assurer la pérennité de sa conquête. Garcia Manuel de Carvajal, originaire, comme Pizzare, d'Estrémadure, se dirigea vers la côte et s'installa un temps à l'embouchure du Rio Camana, mais ses hommes, affaiblis par la chaleur, furent la proie de fièvres souvent fatales. Il décida alors de regagner l'intérieur des terres et s'installa sur l'emplacement d'un gros bourg inca qui était une importante étape entre Cuzco et la mer et dont il subsiste aujourd'hui les traces dans le quartier de San Lazaro. A 2 300 mètres d'altitude, non loin du volcan éteint Misti, ce lieu nommé en aymara
ari-kipa (« au pied de la montagne »), offrait un climat frais et sain et un abondant approvisionnement en eau descendue des glaciers voisins.
Le 15 août 1540, Carbajal posait la croix qui allait marquer l'emplacement du centre de « Nuestra Señora de la Asunción del Valle Hermoso de Arequipa ». Un an plus tard, Charles Quint lui donnait le rang de cité...
La Ville Blanche
Jusqu'en 1582, Arequipa n'était guère plus qu'un gros bourg, bâti de bois et de pisé. Cette année fut marquée par un violent séisme qui détruisit la majeure partie des édifices. Ce fut au cours de la reconstruction qui suivit que la ville adopta comme matériau principal une pierre volcanique, abondante dans la région, homogène, facilement mise en œuvre et offrant une bonne résistance aux séismes, le
sillar, dont la couleur blanc cassé ou rose clair donne à Arequipa un caractère élégant et original et justifie son surnom de « Ciudad Blanca ».
Du Baroque au Rococo
En plein apogée baroque, la ville fut redessinée selon un plan géométrique autour de la Plaza de Armas. Comme dans toutes les villes coloniales espagnoles, églises et monastères s'y multiplièrent. L'église San Francisco, construite en 1552 et l'église Saint-Augustin de 1574, furent reconstruites selon le premier style Baroque colonial, mais faisant appel aux maçons «
criollos » et indiens, elles présentent l'originalité d'une fusion entre une architecture espagnole et des éléments décoratifs d'inspiration indigène. En revanche, l'église de La Compagnie, sise sur la place d'Armes et dont la façade fut réalisée au XVII
e siècle, est parfaitement représentative du style plateresque tandis que son cloître, du XVIII
e, manifeste toute l'exubérance du Rococo.
De l'autre côté de la place, la cathédrale Notre-Dame, fondée en 1612, mais reconstruite après le séisme de 1868, est un imposant et somptueux édifice qui oscille entre néo-Renaissance et néo-classicisme à la française, entièrement en pierre de taille et doté d'un autel en marbre importé de Carrare...
Parmi tant d'autres, il faut faire une place particulière au monastère Santa Catalina qui, couvrant plus de deux hectares, est le plus grand édifice religieux du Pérou et résume tous les styles s'échelonnant du XVI
e au XIX
e siècle. Fondé par une riche veuve, Maria de Guzman, pour les dominicaines, il n'accueillit longtemps que des jeunes filles de la haute société qui devaient apporter une dot particulièrement élevée. Aujourd'hui ouvert au public, le monastère étonne par les couleurs éclatantes de ses murs.
Les casonas
Le charme d'Arequipa ne se limite cependant pas à la beauté de ses édifices religieux, de son
cabildo – l'hôtel de ville – ni des gracieuses arcades qui ceinturent l'agreste Plaza de Armas, mais ressort aussi de l'architecture remarquable de ses maisons particulières, certaines datant de l'époque coloniale, d'autres de la fin du XIX
e siècle, les
casonas : deux cent cinquante d'entre elles sont classées par l'UNESCO. Leurs façades ouvragées s'ouvrent dans des cours auxquelles on accède par de larges corridors s'ouvrant sur la rue par des porches à colonnades surmontés de tympans sculptés. Malgré les destructions subies lors du séisme de 2001, malgré le rapide développement de cette cité qui est devenue le second centre économique du pays et a vu sa population multipliée par cinq en cinquante ans, le centre historique d'Arequipa a été soigneusement préservé et dégage toujours une sensation d'harmonie et de douceur de vivre.
Pour visiter Aréquipa avec Clio
PE 32 - 18 jours
Le Pérou, ce sont d’abord des paysages impressionnants, ceux de l’altiplano central, des sommets enneigés des Andes, des rives du lac Titicaca ou d’un littoral pacifique aux allures désertiques, ponctués ...
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