L’île de Kiji en Carélie
Fédération de Russie
Au coeur de la république de Carélie, le lac Onega est l’un des plus grands lacs d’Europe. Parmi ses 16 950 îles, celle de Kiji eut l’histoire la plus riche. Son nom serait dérivé de kizharsuari qui signifie « l’île au gibier » ; à partir du XIVe siècle elle connut un développement important grâce à sa situation sur la route commerciale de Novgorod à la mer Blanche. Au XVIe siècle une agglomération se développa autour de l’église du Sauveur. L’île joua dès le XVIIe siècle un rôle stratégique important, servant de point d’ancrage des défenses russes contre les tentatives d’invasion suédoises et polonaises. Cependant la Carélie acceptait difficilement le régime autoritaire et centralisateur de la Russie et les révoltes paysannes se succédèrent, en particulier sous le règne de la Grande Catherine, toutes impitoyablement réprimées. Mais c’est son patrimoine architectural qui fait aujourd’hui l’intérêt essentiel de Kiji. Dès 1960 fut ouvert un « musée de plein air » où furent transportés et restaurés un moulin, des granges traditionnelles et plusieurs églises en bois dont l’église Saint-Lazare, la plus ancienne de Carélie qui fut construite en 1390 au monastère de Murom. Le joyau, classé par l’Unesco au patrimoine mondial de l’humanité, est cependant l’enclos paroissial, orgueil de Kiji – le pogost – qui comporte deux églises et un clocher octogonal du XVIIIe siècle ; l’église de la Transfiguration qui date de 1714 et dont les soubassements mêmes sont faits de rondins bruts, représente, avec ses vingt-deux coupoles, l’une des plus extraordinaires réalisations architecturales en bois qui aient jamais été réalisées.