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Le Potala de Lhassa
Tibet
Installée à 3600 m d’altitude sur les rives du Kyitchu, Lhassa a longtemps conservé l’aura mystérieuse qui était la sienne quand Alexandra David Neel y effectua son « voyage d’une Parisienne… » La célèbre exploratrice fut en réalité plutôt déçue par ce centre politique et spirituel de l’ancien Tibet et ne trouva « rien de très particulier » au fameux palais du Potala qui constitue pourtant, avec le temple de Jokhang – fondé en 642 par le souverain Song tsen Gampo pour célébrer l’arrivée de la princesse népalaise Bhrikuti Devi qu’il allait épouser – l’un des deux lieux les plus emblématiques de la ville. « Vatican lamaïste » le Potala était le siège d’un pouvoir théocratique dont les destinées se sont confondues avec celles du Tibet depuis la fin du XVIIe siècle. C’est durant cette période que fut érigé par le cinquième dalaï-lama ce vaste ensemble qui prenait la suite d’un palais édifié dès le VIIe siècle mais vite tombé en ruine. Dressé à 118 m de haut et développant sa façade sur quatre cents mètres face au sud et à la ville, il est fait de plusieurs édifices emboîtés les uns dans les autres et organisés sur treize niveaux différents. L’ensemble compte environ un millier de pièces, dans un dédale inextricable de salles, de chambres et de galeries. Une chapelle antique conserve en son noyau central les statues de Song tsen Gampo et de ses deux épouses étrangères. On trouve dans le Palais Rouge, qui constitue entre les deux ailes la partie sainte de l’ensemble, huit chörten (stupas) abritant les restes de certains dalaï-lamas. Le plus grand, haut de vingt-cinq mètres, s’enfonce sur plusieurs étages à l’intérieur du Potala. Une tonne d’or a été nécessaire pour l’ornementation du faîtage. Un autre, haut de quinze mètres, est plaqué d’or et incrusté de perles, de turquoises, d’améthystes et d’autres pierres précieuses. Aménagé sur la façade méridionale, un grand escalier aux marches irrégulières conduit à la salle d’entrée, dite Donang, en contrebas du Devangshar, un grand édifice blanc de six étages à grands balcons tournés vers l’est depuis lesquels le dalaï-lama assistait aux représentations et aux danses sacrées données à l’occasion des grandes fêtes religieuses. Alors que les appartements des pontifes sont d’une extrême simplicité, la grande salle de réception de l’est construite en 1645 frappe par l’abondance et la richesse de sa décoration sculptée ou peinte. Le palais d’été, ou Norbulingka, édifié en 1755 était une retraite appréciée des souverains et c’est de là que, en 1959, le dernier dalaï-lama parvint à s’enfuir, quand le pouvoir chinois décida de mettre fin à la semi-indépendance dont le Tibet avait pu jouir jusque-là.