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La peinture par les peintres
Pascal Bonafoux
Ecrivain et critique d'art. Professeur d'histoire de l'art à l'université.
« Rien n’est plus arbitraire que d’essayer de substituer la parole au dessin, à la peinture » écrivit Aragon. La critique d’art et l’histoire de l’art ne se sont pas privées de pratiquer cet arbitraire-là et cela pendant des siècles. Etrangement cette critique et cette histoire n’ont que fort peu tenu compte des propos des peintres. Or, qui le contesterait, qui peut mieux prétendre savoir de quoi il parle lorsqu’il « parle peinture » qu’un peintre ? Le propos de ces conférences est de redonner la parole aux peintres et aux seuls peintres. Et de conduire à regarder la peinture au travers de leurs regards. Rendez-vous avec des notions essentielles –remises en cause ou redéfinies par les peintres - comme avec des œuvres qui auront été des repères fondamentaux pour … les peintres eux-mêmes.
  • Rubens

    mardi 20 mars 2012 à 15h00
    L’admiration portée par Delacroix à Rubens est irrévocable : « Ce Rubens est admirable. Quel enchanteur ! je le boude quelquefois : je le querelle sur ses grosses formes, sur son défaut de recherche et d’élégance. Qu’il est supérieur à toutes ces petites qualités qui sont tout le bagage des autres ! Il a au moins, lui, le courage d’être lui… » En revanche, Odilon Redon confie : « Oserai-je avouer que Rubens parle une langue que je ne comprends pas ! » Ce que n’aurai pu qu’approuver Ingres qui avait ordonné à ses élèves : « Détournez-vous donc de Rubens dans les musées où vous le rencontrerez ; car si vous l’abordez, pour sût il vous dira du mal de mes enseignements et de moi. » Quelle qualité singulière de l’œuvre de Rubens provoque de telles divergences ?